mardi, septembre 18, 2007

 

90 Millas

Quel jour on est aujourd'hui?

Alors?

J'attends?

Eh ben le mardi 18 septembre pardi.

Alors?

J'attends?

Toujours rien?

P'tain !!! Mais qui m'a donné des truffes comme vous pour lecteurs?!

Pouf, pouf,
Cela dit, c'est vrai, des lecteurs, j'en ai plus des masses.
Z'êtes tous partis.
Z'êtes tous méchants.
Sous le prétexte qu'il n'y a plus rien à lire ici, eh ben, vous, bande de sagouins, vous venez plus.
Pouffieurs et pouffiasses que vous êtes tiens.
J'sais pas ce qui me retiens de vous foutre ma main dans la gueule.
Enfin bon...
Je suis le Vincent Van Gogh des blogs... Tel est mon destin.
Faut-il que je me coupe une oreille pour que l'on fasse un peu attention à moi?
Bordel.
Pouf, pouf,

Pouf, pouf,
Je vais à la ligne à chaque phrase, si je veux.
Non mais oh !!!
Pouf, pouf,

Nous sommes le 18 septembre et, aujourd'hui, jour béni de conférence de rédaction, IL est sorti.
Je parle de "90 millas", le dernier album en date de Gloria Estefan.
Et que dire les enfants? Que dire sinon : "Wouaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah!!! Putain d'sa race, comment qu'ça déchire trop fort !!!"
J'adore. Tout. Tous les morceaux. Tous, tous, tous. Les 15 morceaux bordel. Y sont tous magnifiques. 'Gnifiques.

C'est mieux que "Abriendo Puertas". Mieux que "Mi Tierra".

J'en reviens pas.

C'est en écoute libre à la Fnac. En tout cas celle des Ternes (ouais, je bosse dans les beaux quartiers maintenant).

Allez l'acheter. Ecoutez le. Vous verrez. Vous ne serez pas déçus.

dimanche, août 26, 2007

 

Me, myself and Jude

Oui à l’alcool. Et en grandes quantités qui plus est. C’est ma seule chance. Ce week-end, j’étais invité à un mariage. Mais ‘tention, hein, bien, le mariage, pas naze. Cela se passait à Montpellier, ce qui, déjà, était un bon signe. Bon, bien sûr, il me semble bien avoir le souvenir d’avoir beuglé sur « On fait tourner les serviettes » mais pas de danse des canards ni de chenilles ou autres conneries de ce genre. Enfin, je ne crois pas. Vous ne voudriez tout de même pas que je sois resté sobre tout au long de la soirée ! Quelques absences, donc… Surtout vers la fin, sur les coups de 5 heures du mat’. Mais un doux souvenir demeuré intact, et à jamais gravé dans ma mémoire en revanche.

Vous énervez pas, je vous raconte.

Il doit être 2h ou 2h30. Le champagne vient de se faire supplanter par le mojito. La sono, d’un coup, sans que personne n’y ait touché, explose les décibels. Et la pièce accélère son mouvement de rotation autour du Soleil, d’une manière assez inexplicable. Dehors, il y a une jolie petite placette, au milieu de laquelle trône une non moins jolie fontaine. Légèrement vacillants pour certains, les fumeurs forment ici une joyeuse ronde. Les plus valides ont réussi à s’asseoir sur le rebord de la fontaine. Les autres se sont échoués juste à ses pieds. C’est déjà pas si mal. Aucun n’est tombé à l’eau. Pas encore. C’est dire si chacun sait se tenir. Je les rejoins, d’une démarche altière, fière et assurée. Et si quelqu’un vous dis que j’y suis allé en rampant, ne le croyez pas, ce ne serait rien d’autre qu’un gros jaloux.

Oui, parfaitement, un jaloux.

Car, ce mariage, c’était ma soirée. Mon apothéose.

Aurélie, que je ne connaissais pas cinq heures plus tôt, m’accueille d’un grand sourire. Nos verres trinquent gaiement. Et puis vient ce cri du cœur :
- Tu sais à qui tu me fais penser ? me lance-t-elle dans un sourire.
- Non, à qui ?
- Attention, c’est un compliment que je vais te faire.
- Ah oui ? dis-je, curieux d’entendre la suite.
- Tu ressembles à Jude Law !

Pouf, pouf,
Euh… Qui vient de pouffer, là, je vous prie ? Vous serez bien gentils de me laisser terminer mon récit. Merci.
Pouf, pouf.

- Tu ressembles à Jude Law, clame-t-elle une nouvelle fois. Si, si, c’est vrai, je te jure.

Pouf, pouf,
Non, sérieux, vos ricanements sont un peu gênants. Vos gueules !!! Laissez-moi continuer mon récit. Récit qui, je le répète, est fidèle à la réalité. Farpaitement.
Pouf, pouf.

Pouf, pouf,
Non, vraiment, vos rires, c’est vexants à la fin.
Pouf, pouf.



- Je ressemble à Jude Law, c’est ça que tu viens de dire ?!
- Mais oui, absolument.

Je tiens à souligner que cette Aurélie était en pleine possesion de ses moyens à ce moment là. Un quart d'heure après, là oui, je ne dis pas, mais à cet instant précis, tout allait encore bien. Si, si, absolument. En tout cas moi j’y crois, et je vous prierai de bien vouloir me laisser à ce fol espoir. D’autant que la ressemblance a ensuite été corroborée par Déborah, autre charmante demoiselle se trouvant là.

- Oui, maintenant que tu le dis, c’est vrai, affirme Déborah d’un air sérieux. Et je ne crois pas que le fait qu'elle ait alors eu les mains encombrées, à sa droite, par une coupe de champagne, et à sa gauche, par un verre de mojito, soit une raison suffisante pour remettre en cause sa bonne foi.



Des esprits étriqués ont néanmoins tenté de contester cette affirmation. Mais là, pour le coup, leur témoignage n'est pas recevable : il s'agissait des deux petits amis. (p'tain, notez quand même que je n'ai pas de bol : il fallait qu'elles aient des petits amis les deux greluches. Et qu'ils se trouvent juste à côté qui plus est. Maudit, je suis maudit...) A l’évidence, la jalousie les rend aveugle. Ils ne croient pas un mot de ce que ces deux déesses viennent subitement de révéler au monde. Ils ricanent d’abord.


Pardonne-leur, Père, car ils ne savent pas ce qu’ils font.


Ils ricanent…

Aurélie et Déborah sirotent. Elles s’irritent aussi :
- Mais si, enfin, arrêtez de rigoler, clament-elles de concert. Il ressemble à Jude Law. Tiens, machine (ndlr : j’ai oublié son prénom), viens par là s’te plaît.
- Oui ?
- Regarde bien : à qui il te fait penser ?
- …
- Mais si enfin, un acteur hollywoodien. Un beau gosse, tu sais.
- Ah oui : Jude Law. Un faux air de Jude Law, c’est vrai.

Nouveaux ricanements des mâles de l’assistance –tous plus proches de Sim que de Brad Pitt (tiens, prenez-vous ça dans la gueule, bande de gros jaloux !!!).

Ces raillements pathétiques, je les évite. Je préfère léviter. Je suis bien haut dans le ciel montpelliérain. Je suis l’égal des oiseaux, des anges et des avions. Je suis l’égal des comètes et des astres lumineux qui brillent dans le ciel.

Je vole, les enfants, je vole.
Aux dernières nouvelles, je n'ai toujours pas atterri. Merci de ne pas me lester de vos sarcasmes. Laissez-moi y croire.
Jude

vendredi, août 17, 2007

 

L'été meurtrier

Ça tombe comme à Gravelotte les enfants. Et c’est tout sauf drôle. Non, parce que bon, je vous connais, toujours à déconner à propos de tout et n’importe quoi. Mais là non. Pas drôle du tout. Ils sont tous morts. Michel Serrault bien sûr, mais aussi Antonioni et Bergman par exemple. En parlant de Bergman, j’avoue mon inculture. Personnellement, je le pensais décédé depuis une bonne cinquantaine d’années. Mais que voulez-vous, quand on me parle cinéma, moi je pense plutôt Belmondo que Bergman, c’est pas de ma faute.
Mais là n’est pas la question. Revenons à nos mouflons. Parlons de la mort, cette garce qui fait rien qu’à nous enlever des êtres chers. Si j’osais aller jusqu’au bout de ma pensée, je la qualifierais même de grosse salope, plus que de garce. Oui, je sais, je suis intransigeant comme gars moi, je sais. La mort, c’est triste. C’est triste et c’est con. C’est triste, c’est con et c’est injuste. C’est une saloperie.
Ça l’est déjà quand ça touche des anonymes ou des étrangers. Ça l’est encore plus quand ça vient frapper à sa porte, ouais, là, juste là, quand on s’y attend le moins. C’est pourquoi, aujourd’hui, je brandis bien haut mes petits poings menaçants vers le ciel et j’engueule qui de droit. Il se reconnaîtra. Nomého !!
Alors oui, bien sûr, Michel, Michelangelo, Ingmar, Vincent, François, Paul et les autres, bien sûr… Mais C. aussi, partie en plein mois de juillet, des suites d’une longue maladie (c’est comme ça qu’on dit, non, pour évoquer le cancer ?). Et puis N., surtout, envolée avant même que tout ne commence.

Ma, quale pena infinita
Sciolta hai ora la vita

Mais quel immense chagrin
Ta vie vient de s’enfuir

Ma, quale pena infinita
Sciolta hai ora la vita

vendredi, août 03, 2007

 

Jachère

Jachère (n.f.). Du bas latin gascaria. 1/ Action de laisser reposer une terre labourable -la jachère, indispensable dans les anciens assolements, est aujourd'hui évitée par les engrais et la culture de plantes sarclées-. 2/ Rester, être en jachère : demeurer inexploité.

Pas d'engrais sur ce blog. Pas de plantes sarclées non plus (et pour une bonne raison : je ne sais même pas ce que c'est!).

Donc, vous l'aurez compris, pas de nouveaux posts non plus.

Et p'têt même qu'il n'y en aura plus jamais, allez savoir.

Bon, ça m'étonnerait, mais sait-on jamais.

samedi, juin 23, 2007

 

Vivement que la Terre soit bleue comme une orange

On me pose la question de toutes parts. Ma boîte mail est débordée. Mon téléphone ne cesse de sonner (en vrai, tout le monde s’en fout, personne n’a rien demandé, mais je fais ce que je veux).
90 millas, pourquoi ?

Eh oui, pourquoi ? La question est bonne. Et je vais de ce pas y répondre. Car je sais que vous n’y tenez plus.

90 millas, en anglais 90 miles, en français environ 145 kilomètres… C’est la distance qui sépare Cuba de la Floride. Or Gloria, ma Gloria, est Cubaine. Exilée en 1958, au moment de la prise de pouvoir de Fidel Castro. Chassée par la vermine communiste qui continue à affamer la population locale (bon, peut-être un peu aidée par l’embargo américain, mais là n’est pas le propos, c’est de la faute des Rouges et puis c’est tout).
Car le Rouge, le gros rouge qui tache, est toujours là. Certes moins vaillant, pâlichon dans son survêtement rouge en lycra très vintage, le visage émacié et la barbichette fatiguée, mais il est toujours là.
Et force est de constater, oserais-je dire dans une envolée lyrique et ampoulée dont moi seul ai le secret, force est de constater, donc, que Fidelito et Gloriounette ne s’aiment pas beaucoup. Mais alors, pas du tout du tout. La petite est même allée jusqu’à chanter une chanson au titre plus qu’évocateur : Cuba Libre.

Sur You Tube par exemple, dans les commentaires laissés à cette chanson, on trouve ce genre de messages : « Muerte al comunismo ! », « God Bless Cuba !!! Death to Castro !!! Death to Communism !!! », « Afuera Castro, Muerte al Comunismo opresor de los Pueblos ! » Vous voyez l’ambiance.

Et en 2000, au moment de l’affaire Elian Gonzalez, Gloria avait évidemment pris fait et cause pour que le petit Elian reste aux Etats-Unis. Ça rigole pas quoi. Et son rêve le plus cher, à Gloria, est de chanter sur le sol cubain enfin libéré.

Voilà, vous savez tout.

C’était un message sponsorisé par François Bayrou, qui trouve vraiment trop pinjuste que les cocos, avec leur 4,2% des voix aux législatives aient encore quinze élus, quand le MoDem n’a que quatre députés dépités.

dimanche, juin 17, 2007

 

Caliente, caliente

L’extrait dure deux minutes et sept secondes. Et il est prometteur. Bien sûr, je ne suis sans doute pas objectif. Evidemment. Mais tout de même, quand je dis prometteur, je suis encore en dessous de la réalité. Les enfants, comment dire ? Je suis tout chose.

Sept ans, tout de même, qu’on attendait ça. Depuis Alma Caribena, plus rien. Ou plutôt si, quelque chose : Unwrapped, sorti en 2003. Mais assez décevant. C’est-à-dire en anglais. Très américanisé, avec des boums-boums un peu faciles en arrière fond. Pas mauvais, non. Juste décevant. Je ne sais pas si vous saisissez bien la nuance.

Et puis la rumeur est arrivée à mes oreilles. Elle reviendrait. Depuis, la rumeur s’est faite information. Vérifiée. Recoupée. Enfin lue sur Son site Internet quoi.

Reste à savoir si vous me faites confiance ?

Comment ça non?

J’aimerais bien voir ça tiens. Nomého !!!

Vous allez me faire le plaisir de cliquer sur le lien, là, juste après, oui ici, c’est ça : 90 Millas.

Vous écoutez. Alors bon, oui, oui, c'est vrai, l'extrait ne démarre pas toujours tout seul. Qu'à cela ne tienne. Ne paniquez pas. En bas du site, vous avez un bidule interactif qui s'appelle audio. Juste à côté, il y a un "off". Vous cliquez sur ce "off", et hop, il se transforme en "on". La musique démarre. C'est magie. C'est caliente.
Si vos oreilles ne sont pas habituées, vous écoutez encore. Eventuellement, si vous êtes trop célinedionisés (très grave maladie de la fin du XXème siècle), vous écoutez une troisième, voire une quatrième fois.

Ensuite, convaincus, forcément convaincus (comment pourrait-il en être autrement ?), vous notez dans vos agendas respectifs la date du 18 septembre. Vivement l’automne tiens.

PS : tiens, marrant ça. Ils ont changé l'extrait sur le site. Désormais (on est le 19 juin), c'est No Llores. Moins bien qu'Esperando qu'il y avait avant. Mais allez-y quand même.

dimanche, juin 10, 2007

 

Rastacouette

Vendredi soir. La fatigue d'une longue semaine de labeur acharné commence à se faire sentir. Autant dire que je craque. Et donc que je dis des conneries. Ou pas d'ailleurs. Je pose des questions. Des questions bêtes mais importantes. Des questions restées sans réponse depuis des années et des années.
Ne me demandez pas comment ce sujet est arrivé dans la conversation. Je n'en sais rien. Je ne veux même pas le savoir. Toujours est-il que...
- Dites, les filles (je vous rappelle que je ne bosse qu'avec des filles), pourquoi est-ce qu'au bout d'une couette (pour le lit, je préfère préciser) (sinon, pour une couette normale, les cheveux tout ça, on sait ce qu'il y a au bout : Sheila, ah ah ah... Sheila, couette, Sheila a des couettes. Une blagounette déjà faite, je sais, mais bon, on n'abuse jamais des bonnes choses). Dites, les filles, me surprends-je (!!!) à demander : pourquoi est-ce qu'au bout d'une couette, il y a une sorte de rabat bizarre qui dépasse et qui sert à rien?
Regards interloqués de mes collègues.
Et voilà que ces pouf pouf ce sera toi qui... non pardon : et voilà que ces pouffes pouffent. Eh oui, comme je vous le dis.
- Ben pour border la couette au bout du lit, et éviter ainsi de se retrouver les pieds à l'air au beau milieu de la nuit, m'enfin?!

Ouais, ben vous pouvez vous foutre de ma gueule autant que vous voulez, ranafout'. Moi, je ne le savais pas. Des semaines déjà, voire des années, que je me demandais à quoi diable ce rabat bizarre pouvait servir. Et voilà ma curiosité ainsi satisfaite. Du coup, je reste sur ma lancée et vous demande, très chers amis, de bien vouloir éclairer ma lanterne.
La Colombie, pourquoi qu'elle s'appelle Colombie alors que, si je ne m'abuse, la main de Christophe Colomb n'y a jamais posé le pied?
Une forte récompense a premier qui me donnera la réponse.

mercredi, mai 23, 2007

 

Je m'en vais, un peu comme un prince

« Monsieur,
Je vous informe par la présente de ma décision de démissionner du poste de journaliste rédacteur, pour les mensuels ArtiBiiiiip et ComBiiiiip Magazine, que j’occupe dans l’entreprise depuis le 2 janvier 2006.
» (eh oui déjà, le temps file à une vitesse !) (euh… ça, là, c’est moi qui rajoute, hein, je ne l’ai pas mis dans ma lettre rassurez-vous)

Aaaah les enfants, quel pied !!! Tout est allé très vite en fait. Mais laissez-moi vous conter ces moments magiques. Façon Jack Bauer, tiens.

Mardi 15, 15h 55min 23sec : Tranquillement assoupi à mon bureau, je me réveille en sursaut. Oups, pardon, plongé au beau milieu d’une conversation professionnelle de la plus haute importance, je dois couper court et m’éclipser discrètement.

Mardi 15, 15h 58min 47sec : Je sors des toilettes (ah ouais, moi, je balance tout, j’suis un ouf, un vrai). Je rampe jusqu’à mon bureau afin de ne pas être vu. Damned. Je tombe nez à nez avec ma réd’chef… pardon nez à orteils. Confus, je me relève d’un bond, bredouille une excuse pitoyable, du genre « Ah mais c’est que j’ai cru entendre la moquette m’appeler, alors bon, du coup, tu vois, je me suis baissé pour vérifier. Non mais on ne sait jamais, ça aurait très bien pu être un appel au secours ou un truc comme ça, tu vois ? »
Devant la mine dubitative de ma chef (cheffe ?) (cheftaine ?) (ouais, bon ça, cheftaine !), et son « mmmmmmmmmmmouaios, t’es vraiment un dingue toi », je décide de jouer la prudence, et cours me rasseoir à mon bureau.

Mardi 15, 16h 01min 04sec : Pas de choix possible. Il faut que je m’en aille. Sinon, je vais être en retard à mon entretien d’embauche, à l’autre bout de Paris. Vite, vite, trouver une excuse. Je tente un « Euh, m’dame, je dois aller sauver le monde, là, maintenant, tu sais, secourir la veuve et l’orphelin, tout ça, je peux y aller ? ». Elle réponds non. Crois-le ou pas (ouais, je te tutoie, ça te dérange pas ?) mais elle dis non ! C’te gourdasse !

Mardi 15, 16h 01min 07sec : Je pense à une tapette à souris géante, histoire de faire diversion. Mais j’y renonce aussitôt. Je n’ai pas de fromage sur moi, ça ne marchera pas.

Mardi 15, 16h 01min 15sec : Une autre idée géniale me vient à l’esprit. Et si je fabriquais un Nono latex en grandeur nature, comme mon modèle Gaston avait fait avant moi ? Je me dis que je suis un génie quand même. Et je souris, donc, en pensant à ma mère qui, décidément, a fait du bon boulot avec moi.

Mardi 15, 16h 04min 17sec : La mine défaite, je renonce au Nono latex. C’est un échec cuisant. Il faut dire que je n’ai pas un gramme de latex sur moi. Et Mac Gyver, le seul qui peut m’aider, n’est pas disponible. Je lui laisse bien un message sur son portable, mais en vain. Il ne rappelle pas. Re-damned.

Mardi 15, 16h 08min 59sec : Une illumination. Un éclair de génie. Je me lève, je mets ma veste, et je me casse. Je lance juste, comme ça, à la dérobée, un « ‘lut les filles, à demain », et je sors de l’immeuble. Je n’aurais pas cru que cela puisse être aussi facile.

Mardi 15, 16h 13min 34sec : La terre entière m’en veut. La correspondance à La Motte Piquet n’est pas assurée. Pareil à Opéra. Pas grave, je m’assois en attendant le métro, et je me mets à réfléchir.

Mardi 15, 16h 32min 47sec : 48 métros sont passés depuis que je me suis transformé en penseur (même position que celui de Rodin) (et le premier qui dit Rodin des Bois, c’est une baffe dans la gueule, capiche ?). Ma profonde période de réflexion s’achève. Je décide de faire une grosse colère. Je ferme les yeux, serre mes petits poings et tape des pieds par terre en pleurant très fort. Normalement, c’est infaillible. J’obtiens tout ce que je veux.

Mardi 15, 16h 37min 02sec : Rien. Toujours rien. Nouvel échec. Je saute dans le premier métro qui s’arrête, et décide, bougon, de me coltiner trois changements pour contourner ces saloperies de stations fermées.

Mardi 15, 17h 00min 08sec : Pile poil à l’heure. J’enfile mon costume de candidat à un nouvel emploi (c’est comme dans la vraie vie, les boulettes de pain dans le nez en moins). Je serre deux trois paluches, en saluant bien bas, et entre dans le bureau du réd’chef. Celui qui, je l’espère, sera très bientôt mon nouveau réd’chef. Enfin là, c’est le réd’chef adjoint, mais on va pas chipoter pour si peu.

Mardi 15, 17h 28min 34sec : Fin de l’entretien. Cela s’est plutôt bien passé. Très bien même. Je fais un détour pour saluer mon pote qui bosse déjà sur place. Hop, après l’effort, le réconfort. Un café sur la terrasse. Dehors, il se met à pleuvoir. Je brandis un poing menaçant vers le ciel. Un grondement sourd se fait entendre. Ouais, c’est ça, un orage qui menace, dans le lointain. J’en conclus que mêmes les dieux sont contre moi. P’tain, la vie de Jack Bauer, c’est quand même pas simple. Prudemment, je bats en retraite et rentre m’abriter à l’intérieur, avec mon pote.

Mercredi 16, 10h 42min 17sec : Mon téléphone sonne (pourquoi tu voudrais qu’il pleure toi ? Oui, toi, là, fais pas comme si tu savais pas que c’est à toi que je m’adresse !). Je réponds. Pof, je décroche un deuxième rendez-vous. Ça sent bon les amis, ça sent bon ça !!!

Vendredi 18, 7h 29min 00sec : Mon radio-réveil se met en marche (non, je ne vous épargnerai rien, non !!!). Il est l’heure. C’est beaucoup trop tôt.

Vendredi 18, 8h28min 59 sec: Mon radio-réveil s’éteint tout seul. Je m’étais rendormi (non, pas près d’un lac, non, dans mon lit, banane !), et je me réveille en sursaut sitôt que le son de la radio s’arrête. Je bondis hors de mon lit, et hop, zou, dans la douche.

Vendredi 18, 9h 59min 40sec : Re-pile poil à l’heure. Un miracle.

Vendredi 18, 10h 14min 29sec : Entretien terminé. Accord de principe obtenu. Tope là camarade !

Dimanche 20, 19h et des brouettes : Toute langue dehors, concentré comme jamais, je m’attelle à l’écriture de ma lettre de démission.

Dimanche 20, 23h 01min 19sec : A y est, c’est fini. Je peux aller me coucher.

Lundi 21, 2h 10min 47sec : Je ne dors toujours pas. Ras le bol de tourner et retourner dans mon lit. Should I stay or should I go ?

Lundi 21, 9h 42min 04sec : Fébrile, je m’approche du bureau de mon DAF (Directeur des affaires financières) adoré. Toc-toc (ouais, j’imite super bien le gars qui toque à une porte, je sais). Je souris. J’ouvre la bouche. Je dis : « Bonjour Emile » (en vrai, il s’appelle pas Emile, mais c’est juste pour faire un jeu de mots super, ‘tendez, ‘tendez, vous allez vous marrer, ‘tendez). Je dis, donc : « Bonjour Emile, j’ai une image pour toi » (wouaaaaaaaarf, wouaaaaaarf, wouaaaaaaaarf, Emile, image… Emile et Images, wouaaaaaaarf, trop drôle !). Il prend ma lettre, la parcourt en diagonale. Pas une réaction. Rien. Ni un « oooooh » de surprise, ni un froncement de sourcil, rien, que dalle. A croire qu’il s’en tamponne gentiment le garçon (en vrai, le répétez pas, mais je crois que c’était ça en fait : il s’en tamponne pour de bon, et pour de vrai).

Lundi 21, 9h 42min 14sec : Je viens, officiellement, de démissionner de mes fonctions. Allez, courage, un petit mois de préavis, et ce sera parti pour une nouvelle aventure. Bon, je quitte un CDI pour un CDD mais putain, bordel de merde, financièrement, y a pas photo. Et professionnellement, je ne vous en parle même pas !

PS : qui a dit que j’avais survendu cet événement avec mon teasing dans mon post-it, qui ? M’enfin ?!

samedi, mai 12, 2007

 

Ascenseur pour l'échaufaud

La boulette. La méga grosse boulette. Enfin non d’ailleurs, pas la boulette, le coup de malchance plutôt. Et paf… Je tombe sur ma gardienne. L’est gentille ma gardienne. Mais je ne lui donne pas ses étrennes à la fin de l’année. Eh ! Oh ! P’tain, faut pas déconner non ! En décembre, moi, je n’ai plus une thune. Les autres mois non plus d’ailleurs. Enfin bref, je lui donne rien, que dalle, nada, peau de zob !
Et elle m’en veut. Si, je sais qu’elle m’en veut. Une preuve ? Vous voulez une preuve ? Ah mais c’est que j’ai tout prévu moi, ‘tendez, ‘tendez.
Au début, quand je suis arrivé dans l’immeuble, et qu’elle ne connaissait pas ma légendaire pingrerie, elle me gardait gentiment les quelques colis que je pouvais recevoir. Eh ben figurez vous que plus maintenant. Désormais, elle se contente de glisser sous ma porte le récépissé de nos amis de La Poste. A charge pour moi de me débrouiller tout seul, dans la ville hostile, pour aller chercher ce foutu paquet de merde. Le respect est une valeur qui se perd, et je le déplore, croyez-le ou pas… Je le déplore… Pouffiasse va. M’en vais te dénoncer moi, pour ta peine !
Et là, hier soir, en rentrant d’une journée d’un labeur pénible, paf, sur qui je tombe donc ? Sur ma gardienne. Qui, en plus, s’en va d’un pas gaillard rendre une petite visite de courtoisie à… devinez qui ? Oui, parfaitement, mon voisin. Nous voilà donc tous les deux dans le même ascenseur. Et monter six étages, mine de rien, c’est long. Plus long que ça encore.
1er étage : Je tente un sourire crispé, histoire de détendre l’atmosphère qui devient lourde, très lourde (ouais, c’est ça, un peu comme vos paupières après être arrivées à ce point de ce récit ô combien palpitant).
2ème étage : Elle me rend mon sourire. Au fond, à gauche, il lui manque une dent. Et la troisième dent en partant de la droite est un peu bancale.
3ème étage : Je regarde mes chaussures en toussotant. Et ce fut mon erreur. Ma terrible erreur.
4ème étage : Ma gardienne prend la parole. « Ah cha, dit-elle avec son accent indéfinissable (en vrai, elle est portugaise, comme toutes les gardiennes), avèch’ le temps qu’i faich’, cha, on ch’enrhume, ch’est chûr. »
5ème étage : J’ai des palpitations, c’est terrible. Vite, vite, répondre quelque chose.
Entre le 5ème et le 6ème étage : Je rassemble tout ce qui me reste de forces. Et voilà ce qu’il en ressort : « Ah ça, ma bonne dame, à qui le dites-vous. Un jour il fait beau, un jour il fait froid. Moi, c’est bien simple, je ne sais plus comment m’habiller. »
6ème étage : Encore abasourdi pour l’absurdité de ma réponse, je rougis de honte. Elle sort de l’ascenseur. Je la suis. Elle lance un joyeux (tu penses, elle pouvait être joyeuse, c’te grognasse, elle venait de triompher de moi en à peine 6 étages !) « Bonne soirée ». Je bredouille un « Merci, vous aussi » qui ne suffit pas à cacher mon désarroi. Plus jamais je n’oserai sortir de chez moi.

vendredi, mai 11, 2007

 

Mon voyage au pays des femmes voraces

Et vas-y que ça papote, vas-y que ça papote... Et blablabla, et blablabla... « Moi, mes chiens, ils mangent du Pal », « Ah ouais, moi, je leur donne du Friskies, parce que ça leur fait un beau poil et qu’ils le valent bien. », « Ah oui mais non, les chiens, ça pue, et puis ça laisse des poils partout, c’est caca boudin les chiens, pouaaaaaaaaah ».
Un restau. Normal le restau. Blanc. Un menu. Normal aussi. Des amis. Normaux aussi. Sauf que non en fait, pas normaux, puisque, oui, oui, il s’agissait de ces êtres vils et malfaisants que l’on nomme vulgairement « femmes ». Ou filles, suivant l’âge. Enfin qu’importe. Femme ou fille, le résultat est le même : et vas-y que ça papote, vas-y que ça papote...
Moi, seul être civilisé au milieu de cette cohue (enfin seul mec quoi), au fur et à mesure que les minutes passent, je me tasse sur mon siège. La conversation, doucement, mais sûrement, se fait plus lointaine. Les mots ne m’arrivent qu’indistinctement, puis se font vagues, et bientôt quasiment inaudibles. Je me laisse gagner par une douce langueur (une langueur monotone, évidemment).
Je ne capte plus rien (même pas les ondes venues d’un autre monde, c’est dire). Pas grave. Ranafout’. Je fais des boulettes avec ma mie de pain. Et même qu’après, je me les mets dans le nez, comme ça on dirait que j’ai des crottes de nez qui pendouillent, c’est rigolo.
Après, les messieurs en blanc, y sont viendus. Et y m’ont emmené loin, très loin. Là, tel que vous me voyez, je suis dans une grande chambre capitonnée de blanc. Y a bon, y a bon banania, y a bon...

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